Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

17/06/2009

Prague organise un sondage Internet sur Barroso

"Avec pareils amis (allez, disons, partenaires), a-t-on encore besoin d'ennemis ?", doit se demander José Manuel Barroso en son fors intérieur.

On sait combien sensible est la question de la possible reconduction du Portugais à la tête de la Commission européenne. L'homme peut certes tabler sur le soutien de l'immense majorité, sinon de la totalité des chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-sept. Mais parmi eux, certains, et non des moindres, comme le Français Sarkozy et l'Allemande Merkel, souhaiterait que le Conseil européen de jeudi et vendredi se borne à apporter son soutien politique à Barroso,  sans pour autant le désigner formellement comme son candidat. Histoire de ménager le Parlement européen dont l'aile gauche ne veut pas se retrouver devant le fait accompli. Mais aussi de pouvoir continuer à faire pression sur l'actuel chef de l'exécutif européen au moment de l'attribution des portefeuille de la Commission. Et pendant ce temps)là, José Manuel Barroso craint toujours de voir se produire l'improbable : se faire coiffer sur le poteau par un candidat sorti de nulle part.

Et que fait la présidence tchèque de l'Union, qui ce sera décidément donné beaucoup de mal, pour prendre tout le monde à contrepied lors des six mois passés à la tête du Conseil ? Elle organise un sondage Internet sur la reconduction du Portugais. Et sur son site officiel (1), encore bien.

A la question "José Manuel Barroso devrait-il être à nouveau président de la Commission européenne?",  les avis jusqu'ici exprimés sont majoritairement négatifs. Bon, la présidence tchèque ne précise pas ce qu'elle compte faire des résultats, et d'ailleurs, on voit mal ce qu'elle en ferait... N'empêche. Avec "pareils amis..." (OleB)

www.eu2009/fr/

 

15/06/2009

Pour 21 euros en trop

D'après une enquête menée par le médiateur européen, la Commission européenne aurait injustement exclu une entreprise italienne d'un marché de 4 millions d'euros. Son offre dépassait le budget de... 21 euros.

Lire la suite

10/06/2009

Des eurodéputés pas comme les autres

 

Les portes du Parlement européen s'ouvrent à nouveau à quelques personnalités peu ou prou originales. Les sièges de l'hémicycle en ont connu du beau monde : la chanteuse grecque Nana Mouskouri, le coureur automobile finlandais Ari Vatanen, les stars du petit écran Frédérique Ries, Dirk Sterckx, Ivo Belet et maintenant Anne Delvaux pour la Belgique, Jana Bobosikova pour la République tchèque, Jean-Marie Cavada pour la France ou encore Lili Gruber pour l'Italie.

Une nouvelle belle brochette de candidats a été élue la semaine dernière. Petit tour d'horizon.

Eva Joly (France)

François Bayrou rêvait de l’attirer au Modem. C’est cependant son "meilleur ennemi" Daniel Cohn-Bendit qui est parvenu à recruter Eva Joly sur les listes d’Europe-Ecologie. Mouvement qui offrait, certes, à la Franco-Norvégienne (née Gro Farseth) de meilleures chances d’être élue, mais dont, avant tout, elle partage les préoccupations: défense de l’environnement, partage des richesses entre le Nord et le Sud, volonté farouche de moraliser la finance internationale. Et dans ce dernier domaine, l’ex-juge d’instruction au pôle financier du Palais de justice de Paris en connaît un rayon. Dans les années 90, elle instruisit l’affaire Elf, qui valut un séjour à l’ombre au patron de la compagnie pétrolière Loïc Le Floch-Prigent et provoqua la fin abrupte de la carrière politique de Roland Dumas. Sa pugnacité a suscité l’admiration, ses méthodes peu orthodoxes lui ont attiré de solides inimitiés. Lasse des menaces et des pressions, l’Européenne de l’année 2002 retourna un temps en Norvège, comme conseillère du gouvernement. Créatrice du réseau Network contre le blanchiment d’argent, Eva Joly arrive au Parlement au moment précis où l’UE entend mieux superviser et réguler les marchés financiers.

Alfreds Rubiks (Lettonie)

"Voilà où a conduit la perestroïka !" Premier secrétaire du Parti communiste letton depuis trois mois, Alfreds Rubiks tempête en ce jour de juillet 1990, profitant du 28e congrès du PC d’Union soviétique pour accuser le Comité central d’être resté "inactif" face aux velléités indépendantistes de sa république. "Résultat: le régime soviétique en Lettonie a été progressivement remplacé par un régime bourgeois revenu à la constitution lettonne de 1922." A l’époque, alors que les indépendantistes tentent de se libérer de la domination soviétique, Alfreds Rubiks soutient les opérations des forces spéciales, et notamment l’attaque du ministère de l’Intérieur qui fait cinq morts le 20 janvier 1991. Le premier secrétaire du PC est arrêté en août pour avoir dirigé un putsch contre le gouvernement d’Ivars Godmanis et condamné en 1995 à huit ans de prison pour haute trahison. Il sera libéré pour bonne conduite en 1997. Tête de liste aux élections européennes pour le Centre Harmonie, coalition de partis représentant principalement la minorité russe, Alfreds Rubiks, 74 ans, vient d’être élu au Parlement européen. Il y retrouvera Ivars Godmanis, celui qu’il avait tenté de renverser il y a près de 18 ans.

Christian Engström (Suède)

Abordage réussi pour Christian Engström. Il est le premier "pirate" à faire son entrée au Parlement européen. Ce Suédois de 49 ans est le vice-président du parti Piratpartiet (PP) ou Parti des Pirates. Une formation qui a pour but de défendre les libertés de navigation… sur le Net. Informaticien, Christian Engström se bat pour "un Internet libre, sans aucune licence, dans une société ouverte". Son objectif: assouplir la loi sur les droits d’auteur, abolir les brevets ou encore protéger la vie privée et les libertés individuelles. Dimanche soir, il a remporté un succès inattendu. La liste qu’il a menée a recueilli 200000 votes en Suède, soit environ 7, 1% des voix, atteignant 19% chez les moins de 30 ans. Christian Engström a rejoint le parti des Pirates dès sa création en 2006. Au départ, pas vraiment pris au sérieux, ce groupe politique atypique a connu un véritable décollage en avril dernier avec la condamnation des fondateurs du site de téléchargement The Pirate Bay. Initiateur d’un véritable mouvement international, le parti suédois a fait une vingtaine d’émules dans le monde. Son équivalent allemand s’est aussi présenté aux élections (sans toutefois remporter de sièges).

Elena Basescu (Roumanie)

Dans la famille Basescu, je demande la fille cadette. Elena, la progéniture du Président roumain, a "choisi de faire le chemin jusqu’à Strasbourg à pied, tandis que les candidats des partis s’y rendront en avion". Si la candidate indépendante a battu la campagne en solo – sous la bannière "EBA" pour Elena Basescu –, c’est toutefois plus par la force des choses que par choix. Parce que les intellectuels et une partie des médias se sont opposés à sa place sur la liste du Parti démocrate libéral de son père. Plus connue pour ses jambes effilées, ses gaffes sémantiques et ses virées nocturnes que pour son diplôme d’économie, la jeune femme de 29 ans affronte les accusations de népotisme et d’incompétence depuis son entrée en politique. "La presse m’a fait une image de personne inculte, mais j’ai montré durant cette campagne que je valais mieux que cela", clame-t-elle. Aujourd’hui, papa est aussi surpris que fier des 200 000 voix recueillies par sa fille. "Sincèrement, je ne m’attendais pas à ce score, je lui ai toujours dit que (sa candidature) ne serait qu’un exercice." Ses preuves électorales faites, l’ex-mannequin espère pouvoir retrouver le bercail démocrate.

Mitro Repo (Finlande)

Se porter candidat aux élections européennes lui a valu son job. Mitro Repo, prêtre orthodoxe, a été suspendu par son Eglise pour s'être présenté aux élections européennes. Interdiction pour lui de célébrer des offices religieux ou de porter sa soutane, sa croix ou tout autre symbole pendant la durée de sa campagne et de son mandat. "Un prêtre est, comme son modèle, le serviteur de tous et ne peut donc pas représenter un groupe particulier de la société", a estimé l'Eglise. Candidat sous l'étiquette des sociaux-démocrates, il a rassemblé sous son nom pas moins de 71 500 votes de préréfences, lui permettant d'occuper un des deux sièges obtenus par le principal parti d'opposition finlandais. "Honnêtement, cette (popularité) a été en partie une surprise pour moi", a déclaré le prêtre à la télévision publique YLE. Pourtant, le père Mitro est bien connu : il passe régulièrement dans les médias où son sens de l'humour fait des ravages.

 Gigi Becali (Roumanie)

Siégera ? Siégera pas ? Non que le patron du club de football Steaua Bucarest ait particulièrement envie de laisser sa place à un suppléant. Mais l'élu d'extrême droite est interdit de quitter le territoire par un tribunal de Bucarest depuis mardi. Inculpé pour "séquestration", Gigi Becali avait été arrêté le 3 avril pour 29 jours, avant d'être relâché sous contrôle judiciaire deux semaines plus tard. Sa mise en liberté avait notamment été assortie de l'interdiction de quitter Bucarest, élargie au pays durant la campagne, et reconduite mardi. Le patron du Steaua est accusé d'avoir séquestré durant plusieurs heures trois hommes soupçonnés d'avoir volé sa voiture. Il n'en est pas à son coup d'essai : il est également inculpé pour une affaire de corruption liée au Championnat national de football. Sa victoire a soulevé des questions dans les médias sur l'immunité dont il bénéficierait en tant qu'eurodéputé.

 D'autres ont eu moins de chance.

Alexander Tomov, célèbre prévenu bulgare, n'a pas été élu, lui. Sofia, critiquée par Bruxelles pour son manque d'efficacité dans son combat contre la criminalité organisée, accorde une immunité à tous les candidats et les élus. Ainsi, un tribunal de Sofia a-t-il interrompu la semaine dernière les poursuites contre cet ancien patron des aciéries de Kremikovtzi, acculées à la faillite sous sa direction, et du club de foot CSKA Sofia.Il était accusé d'avoir détourné l'équivalent de 18 millions d'euros.

Dans un autre genre, le petit-fils du dernier roi d'Italie, Emmanuel-Philibert de Savoie, revenu d'exil en 2002, n'a pas été plébiscité non plus. Il se présentait en tête de liste de l'Union démocrate-chrétienne dans le nord-ouest de l'Italie. En revanche, 70 % des téléspectateurs de l'émission "Ballando con le stelle" (l'adaptation italienne de "Dancing with the Stars"), sur Rai Uno, l'ont sacré roi de la rumba, du cha-cha-cha et du merengue, le 21 mars dernier.

José Saramago, prix Nobel de littérature 1998 n'a pas non plus été élu eu Portugal. Mais, à 86 ans, il se présentait en position non éligible sur une liste très à gauche. Celui qui se décrit comme un "communiste hormonal" aurait été le doyen du Parlement s'il avait pu devenir eurodéputé. Rien à voir avec le doyen actuel, Jean-Marie Le Pen....

S.Vt., OleB et CD

 


12/05/2009

"Plus d'Europe", qu'on vous dit !

Plus d’Europe”, insistent les citoyens

C’est le message que leur “sommet” a délivré aux décideurs européens.
Le message délivré par les participants de la consultation européenne des citoyens est sans équivoque : ils veulent “plus d’Europe”, et dans un plus grand nombre de domaines. Ils l’ont répété, dimanche et lundi, à Bruxelles, à l’occasion du sommet européen des citoyens.
Sommet qui constituait l’épilogue d’un processus – initié et piloté par la Fondation Roi Baudouin – entamé en décembre 2008 par l’ouverture de forums Internet, nourris des contributions de 250 000 Européens. Poursuivi, en mars, par des consultations nationales rassemblant 1605 citoyens sélectionnés au hasard dans les vingt-sept Etats membres. Et clos par la réunion de 150 “ambassadeurs” des panels nationaux, qui ont adopté 15 recommandations faisant la synthèse des débats.
“Plus d’Europe”, c’est la conclusion à laquelle avait également abouti la première édition de la consultation, en 2007. D’où cette question de Robert, un participant finlandais, à l’adresse des présidents des quatre grands partis européens invités à débattre lundi, au Palais d’Egmont, des résultats de la consultation. “Nos recommandations demandent plus d’intégration européenne. Quand les politiciens vont-ils comprendre cela ?”
Les citoyens étaient appelés à se prononcer sur la manière dont l’Union européenne peut faire face à la crise économique et relever les défis sociaux. La lutte contre réchauffement planétaire et de l’avenir énergétique de l’UE arrivent au premier rang de leurs préoccupations, dont font aussi partie la régulation des marchés financiers, la lutte contre l’immigration illégale et une agriculture respectueuse de la santé de l’environnement. Mais ils appellent également, surtout, l’Union à prendre les dossiers sociaux à bras-le-corps et plaident pour un système de santé commun, l’harmonisation de la protection sociale et du code du travail, et l’uniformisation des systèmes éducatifs. Autant de sujets sur lesquels les Etats membres gardent jalousement la main.
“Vos recommandations soulèvent une question fondamentale”, relève à ce titre le Belge Wilfried Martens, président du Parti populaire européen (PPE). “Voulons-nous un super Etat européen, ou une Union basée sur le principe de subsidiarité ?”,
interroge l’ancien Premier ministre. Contre-attaque du leader des socialistes européens, le Danois Poul Nyrup Rasmussen : “Ce que vous
(citoyens)nous dites, c’est que vous ne voulez plus d’une Europe technocratique, mais d’une Europe qui se préoccupe des gens. L’UE, ce n’est pas uniquement celle de l’argent, du marché unique et de la concurrence”. Sous-entendu : l’Europe de Barroso, candidat du PPE pour un second mandat à la tête de la Commission. Pour ceux qui l’auraient oublié, les élections européennes se profilent à l’horizon.
Le résultat de la consultation laisse en revanche la présidente des Libéraux, la Belge Annemie-Neyts Uyttebroeck un peu perplexe. “Je trouve le résultat intéressant, il nous met face à des défis, mais en même temps, j’aurais aimé y voir plus d’audace et d’espoir”. Le Vert Philippe Lamberts (encore un Belge), lui, boit du petit-lait. “Je suis ravi, 13 de vos 15 propositions se retrouvent dans le manifeste vert”, se réjouit-il, avant que le débat ne vire à la joute préélectorale.
“Nous ne voulons pas d’un débat politique”, interrompt une participante polonaise. “Dites-nous, oui ou non, si vous vous engagez à mettre en œuvre nos recommandations”, ajoute un Portugais.
Aux présidents de partis succèdent, pour la seconde partie du débat, celui de la Commission, José Manuel Barroso, du Parlement européen, Hans-Gert Pöttering et du Comité économique et social européen, Mario Sepi. Quant à la présidence tchèque du Conseil, pressentie pour participer au débat, elle brille par son absence. Le chef de l'exécutif européen se dit “frappé que la majorité d’entre vous demandent plus d’Europe”, alors qu'en temps de crise, les Etats membres éprouvent des difficultés à résister aux sirènes du chacun pour soi. En VRP européen, il vend les réalisations de l’UE. Assure qu’en matière sociale, elle fait du mieux qu’elle peut “en fonction des moyens dont nous disposons”. Rappelle que si les institutions européennes doivent “faire leur travail, les Etats doivent, eux aussi, s’engager”
Quant au président Pöttering, il insiste sur la nécessité d’aller voter, le 7 juin, alors que le taux d’abstention menace de battre des records. “Le rôle du Parlement est important”, et l’Allemand craint que les forces “eurosceptiques, d’extrême gauche et d’extrême droite (qui bénéficie généralement d’une faible participation) ne prennent l’institution en otage”.
“L’UE n’est pas uniquement à Bruxelles et à Strasbourg, elle est partout”, ajoute M. Barroso. L’Europe, c’est vous”, conclut sa vice-Présidente, en charge de la Communication, Margot Wallström, égrenant le nom et l’origine de quelques participants. Auxquels elle promet de relayer leurs recommandations et qu’elle invite “à maintenir la pression”.
OleB

20/03/2009

Des Martiens, les Tchèques ?

Et l'égalité des sexes dans tout ça? Jeudi soir, à l'issue de la première journée du Sommet, une petite question incongrue est venue troubler la tranquillité des 6 hommes les plus influents de la soirée, trônant fièrement sur le podium de la salle de presse du Conseil. Une femme dans la salle s'est en effet soudain demandée pourquoi il n'y avait "que six mâles derrière cette table" et si c'était "cela, l'Europe?". Un peu perturbé, le Premier ministre tchèque a toutefois rapidement repris les choses en mains. Et préféré le prendre sur le ton de la (mauvaise) blague. "Devait-il y avoir des Martiens derrière la table?", a ainsi asséné le "mâle" Topolanek, coupant court à tout débat sur le sujet. Mais heureusement pour la dame, son ministre des Finances, Miroslav Kalousek, était là pour arrondir les angles. "Ce n'est peut-être pas une excuse, mais moi je suis très féminisé", lui a-t-il assuré, sybillin...Le secrétaire chargé des Affaires européennes, Alexandr Vondra, quant à lui, a regardé derrière son épaule pour savoir, tiens donc, de qui pouvait bien parler cette femme quand elle évoquait ces "six mâles"... (S.P.)

19/03/2009

Le Luxembourg se rebiffe

Las d’être critiqué par ses partenaires européens en raison de sa législation sur le secret bancaire, le Luxembourg a montré les dents, avant l'entame d'un sommet européen au cours duquel les Vingt-sept doivent préparer le message commun sur la régulation financière que les Etats européens membre du G20 délivreront lors de la réunion de Londres du 2 avril.

Le ministre du Trésor et du Budget luxembourgeois, Luc Frieden, a appelé l’Allemagne à modérer ses propos à l'endroit du Grand Duché, jeudi. "Nous devrions retrouver un ton qui ne soit pas dicté par la taille des Etats mais par les bonnes relations dont nous avons besoin pour pouvoir régler cette crise financière", a déclaré M. Frieden en arrivant à Bruxelles. Après que plusieurs Etats, dont la Suisse, le Liechstenstein, Andorre et le Luxembourg ont annoncé, la semaine dernière, leur intention d'alléger leur pratique du secret bancaire, le ministre allemand des Finances Peer Steinbruck avait comparé ces paradis fiscaux aux "Indiens qui fuient devant la cavalerie", pour éviter de se retrouver blacklisté par l'OCDE.  

Et la veille, c'est le Premier ministre Jean-Claude Juncker qui, dans un entretien accordé au quotidien suisse "Le Temps" fustigeait l'"arrogance et la  "condescendance perturbante" qui transpirent, selon lui, des accusations de Berlin, Paris et Londres. Le doyen des leaders européens a par d’ailleurs rendu au Royaume-Uni la monnaie de sa pièce, le priant de cesser de "protéger du fisc de leurs pays d’origine les grandes fortunes d’Europe" qui déposent leurs petits économies dans les îles de Jersey, Guernesey ou de Man, "propriétés de la couronne britannique". "A partir du moment où le G20 se décide à réglementer davantage et à examiner le paysage des paradis fiscaux, ses membres doivent être irréprochables". Et pan. (OleB)

11/02/2009

"Ce Monsieur est une institution"

Les députés européens doivent aussi revoir leurs "classiques". Mardi, en commission de l'Environnement et de la Santé publique du Parlement européen, les députés s'apprêtaient à entendre un haut fonctionnaire à l'allure svelte et élégante, bien connu dans le paysage communautaire, quand le vert Claude Turmes, visiblement moins au fait que ses collègues, a interrompu la séance en demandant des précisions sur ce même personnage. "Qui est donc ce Monsieur et quel lobby vient-il représenter?", a interrogé tout haut le Luxembourgeois, demandant tout de même un peu de respect pour les oreilles des députés qui n'avaient d'ailleurs pas que cela à faire. Le couac? Ce Monsieur n'était autre que le Contrôleur européen de la protection des données, Peter Hustinx, et comme l'a rappelé le président de la commission, pris de rire, à Claude Turmes, "ce Monsieur n'est pas un lobbyiste mais une institution européenne". Peter Hustinx n'a pas bronché et ne pouvait de toute façon pas rester en séance plus de cinq minutes. Claude Turmes, lui, ne se sera peut-être pas rendu compte de sa méprise, tout occupé qu'il était à discuter avec son voisin au moment où Peter Hustinx, justement, lui prouvait qu'il n'était pas un énième lobbyiste. (S.P.)

10/02/2009

Ça balance pas mal, entre Prague et Paris

Donc, les chefs d'Etat et de gouvernement des Vingt-sept tiendront, d'ici la fin du mois, un sommet extraordinaire sur la crise économique, en vue de coordonner la réponse des Etats membres de l'Union.

En matière de coordination, ça commence bien. La présidence tchèque du Conseil a brûlé la politesse au tandem franco-allemand, en convoquant le sommet juste avant qu'Angela Merkel et Nicolas Sarkozy n'envoient à Prague et à Bruxelles une lettre insistant sur la nécessaire tenue d'une réunion européenne. Car si c'est le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek qui enverra les invitations, l'initiative d'une réunion de crise revient à la chancelière allemande Angela Merkel et au président français Nicolas Sarkozy.

Cette course à l'annonce est la plus récente illustration des tensions patentes entre la France et la République tchèque. Sarkozy qui se trouvait fort confortablement installé dans le siège du président du Conseil - qu'il occupa, non sans un certain succès pendant le second semestre 2008 - s'agace des atermoiements de l'actuelle présidence tchèque. Et en particulier de son manque de réactivité face à la dégradation de la situation économique européenne. "Il ne faut pas leur en vouloir à eux spécialement, ils font ce qu'ils peuvent", avait jugé le locataire de l'Elysée lors de sa récente intervention télévisée", ce qui avait eu le don de froisser Prague. Sarkozy n'en avait pas moins la ferme intention de reprendre la main, en convoquant une réunion des leaders des pays de l'Eurogroupe, dont la République tchèque ne fait pas partie. Jugeant que la crise concerne tous les Etats membres et soucieuse d'éviter à Prague cette humiliation, Angela Merkel avait convaincu son bouillant partenaire d'organiser une réunion à vingt-sept plutôt qu'à seize.

Loin de calmer le jeu, le Français avait remis un peu d'huile sur le feu en cédant, lors de la même intervention télévisée, à la tentation protectionniste, déclarant que si on donnait "de l'argent aux industries automobiles pour se restructurer, ce n'(était) pas pour apprendre qu'une nouvelle usine va partir en Tchéquie ou ailleurs". Propos que le très libéral Topolanek, passablement énervé, a qualifié d'"invraisemblables". "Les tentatives de mettre à profit la crise financière pour introduire de telles formes de protectionnisme (...) peuvent ralentir et menacer la reprise économique en Europe", a répliqué le Premier ministre. Et d'ajouter, alors que l'Europe attend que Parlement tchèque ratifie le traité de Lisbonne - ce qui n'est pas encore garanti - que "quiconque souhaiterait sérieusement menacer la ratification du traité de Lisbonne n'aurait pu trouver meilleur moyen ni meilleur moment". Dit de manière plus prosaïque, le message de Prague à l'adresse de Paris pourrait se traduire par : "Si tu continues à me chercher, tu vas finir par me trouver".

Le poids des mots, le choc des égos. (OleB)

04/02/2009

Les papiers d'Igor Gräzin

Le député estonien Igor Gräzin n'imaginait sans doute pas trouver sa lettre et ses papiers sur Internet ! Libertas a publié mercredi sur le web(http://flickr.com/photos/libertaseu/sets/72157613320920511/) la preuve qu'il avait bien soutenu la constitution du mouvement eurosceptique irlandais en parti européen (http://transeuropeexpress.lalibreblogs.be/archive/2009/02...). "Ces documents prouvent que les suggestions selon lesquelles Libertas a triché ou trompé le Parlement constitue un mensonge absolu."  

03/02/2009

La subvention - indue ? - de Declan Ganley

Le Parlement européen a accordé lundi le statut de “parti européen” à Libertas, le mouvement eurosceptique créé par l’homme d’affaires Declan Ganley, artisan du “non” irlandais au traité de Lisbonne. Ce qui lui donne droit à une subvention de 202.823 € quand même. Pas mal pour torpiller l'Union.

Le Bureau du Parlement a réparti près de 10,7 millions d'euros entre une dizaine de partis européens reconnus pour 2009, dont 3,4 millions au Parti populaire européen, le plus important en nombre d'élus.

Mais la question qui se pose mardi est : Mister Ganley, le pourfendeur en chef de l'Union, aurait-il triché pour obtenir la reconnaissance de Libertas ? L'Estonien Igor Gräzin, l'un des députés annoncés comme ayant signé un document destiné à soutenir la candidature du parti, a assuré n'avoir rien fait en ce sens. Comme dirait l'autre, "un de vous deux ment". Or, pour obtenir le statut et donc la subvention, Libertas doit recueillir le soutien d'élus de sept pays membres, ce qu'il n'aurait donc plus. Le Bureau du Parlement se penchera à nouveau sur la question le 18 février.